La poésie québécoise : Émile Nelligan
Volume 3
Numéro 3
1967
87 pages
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Résumé
Le 25 février 1897, Émile Nelligan (1879-1941) est admis au sein d’un mouvement dont il devient rapidement la vedette : l’École littéraire de Montréal. Les activités mi-sociales, mi poétiques de ce groupe composé d’écrivains, de journalistes et de rêveurs donnent l’occasion au jeune poète de trouver un auditoire. À la veille du XXe siècle, la vie culturelle canadienne-française est pourtant au calme plat, coupée de ses liens avec la France et soumise aux intérêts du clergé. La figure de Nelligan, comme celle d’Octave Crémazie quelques décennies plus tôt, s’érige en marge de ce vide culturel marqué par une littérature « nationale » réactionnaire et régionaliste. Plus universelle, caractérisée par ses accents romantiques et ses traits décadents, loin de toute réalité culturelle ambiante, sa poésie s’inspire de Baudelaire, de Poe, de Verlaine, et surtout de Rodenbach. En cela, l’œuvre de ce poète maudit devenu monument national signale la profonde aliénation culturelle dans laquelle le Canada français demeura plongé dans la première moitié du XXe siècle.
Publié quinze ans après la première parution des Poésies complètes d’Émile Nelligan, et vingt-six ans après sa mort, ce numéro propose une série de documents neufs qui offrent un panorama du monde dans lequel il a vécu : des études diverses, une chronologie complète de la vie du poète, une bibliographie actualisée de son œuvre, la reproduction d’une transcription manuscrite du célèbre « Vaisseau d’or », divers documents d’archives ainsi que des poèmes inédits de Fernand Ouellette, auxquels s’ajoutent des « Témoignages d’écrivains » qui mettent en relief l’importance pérenne de l’œuvre d’Émile Nelligan dans le domaine des lettres québécoises.


