En ligne : compte rendu du vol. 47, no 3, « Publics et publications dans les éloges collectifs de femmes à la fin du Moyen Âge et sous l’Ancien Régime », dans The French Review (vol. 87, no 1, October 2013)

Le compte rendu signé par Elizabeth Chesnay Zegura dans la revue The French Review (vol. 87, no 1, October 2013, p. 214-216) de notre vol. 47, no 3, 2011, « Publics et publications dans les éloges collectifs de femmes à la fin du Moyen Âge et sous l’Ancien Régime », coordonné par Renée-Claude Breitenstein (Université Brock), peut désormais être consulté ici.

En ligne : compte rendu du volume 48, no 3, « Lire en contexte : enquête sur les manuscrits de fabliaux », dans la revue Le Moyen Âge (t. 121, fasc. 1, 2015)

Le compte rendu signé par Alexandra Velissariou dans la revue Le Moyen Âge (t. 121, fasc. 1, 2015, p. 249-251) de notre vol. 48, no 3, 2012, « Lire en contexte : enquête sur les manuscrits de fabliaux », coordonné par Olivier Collet (Université de Genève), Francis Gingras (Université de Montréal) et Richard Trachsler (Université de Zurich) peut désormais être consulté ici.

En ligne : compte rendu du volume 32, no 2, « Faire catleya au XVIIIe siècle : lieux et objets du roman libertin », dans la revue Eighteenth-Century Fiction (vol. 9, no 3, April 1997)

Le compte rendu signé par Erik Leborgne dans la revue Eighteenth-Century Fiction (vol. 9, no 3, April 1997, p. 345-347) de notre vol. 32, no 2, 1996, « Faire catleya au XVIIIe siècle : lieux et objets du roman libertin », coordonné par Jean M. Goulemot (Université de Tours) et Benoît Melançon (Université de Montréal), peut désormais être consulté ici.

En ligne : texte de présentation du volume 57, no 3, « Maylis de Kerangal. Puissances du romanesque »

Le texte de présentation de notre prochain numéro, intitulé « Maylis de Kerangal. Puissances du romanesque », coordonné par Marie-Pascale Huglo (Université de Montréal), peut désormais être consulté ici.

 

Ce dossier s’intéresse aux puissances du romanesque chez Maylis de Kerangal. Si ses récits racontent des aventures hors du commun, ils n’idéalisent pas le réel pour autant et nous plongent au cœur du monde contemporain — pas toujours là où on l’attend. Au plus près des gestes, des matérialités, des savoirs, des paysages, des corps et des perceptions, les récits de Maylis de Kerangal sont porteurs d’un élan romanesque indissociable d’une écriture puissamment visuelle dont la frappe émotive et la découpe intrigante sont susceptibles de donner une profondeur (imaginaire, temporelle) au moindre des agissements comme à la plus ambitieuse des entreprises. Nous nous attachons aux romans, aux récits et aux reportages littéraires de l’auteure afin de bien prendre la mesure des modalités du romanesque de son œuvre.

En ligne : compte rendu du volume 44, no 3, « Microrécits médiatiques. Les formes brèves du journal, entre médiations et fiction », dans la revue Questions de communication (no 16, 2009)

Le compte rendu signé par Alain Cyr Pangop dans la revue Questions de communication (no 16, 2009, p. 346-348) de notre vol. 44, no 3, 2008, « Microrécits médiatiques. Les formes brèves du journal, entre médiations et fiction », coordonné par Marie-Ève Thérenty (Université de Montpellier III) et Guillaume Pinson (Université Laval), peut désormais être consulté ici.

En ligne : compte rendu du volume 45, no 3, « Figures de l’héritier dans le roman contemporain », dans la revue Ponti / Ponts (no 12, 2012)

Le compte rendu signé par Elena Quaglia dans la revue Ponti / Ponts. Langues littératures civilisations des pays francophones (no 12, 2012, p. 326-327) de notre vol. 45, no 3, 2009, « Figures de l’héritier dans le roman contemporain », coordonné par Martine-Emmanuelle Lapointe (Université de Montréal) et Laurent Demanze (aujourd’hui Université Grenoble Alpes), peut désormais être consulté ici.

En ligne : compte rendu du volume 43, no 1, « Les langues de la dramaturgie québécoise contemporaine », dans la revue Ponti / Ponts (no 9, 2009)

Le compte rendu signé par Elena Marchese dans la revue Ponti / Ponts. Langues littératures civilisations des pays francophones (no 9, 2009, p. 260-261) de notre vol. 43, no 1, 2007, « Les langues de la dramaturgie québécoise contemporaine », coordonné par Jeanne Bovet (Université de Montréal), peut désormais être consulté ici.

Marie-Claire Blais.
Prix de la revue Études françaises 2019

Élisabeth Nardout-Lafarge


En 2017, conformément aux règles du Prix de la revue Études françaises, et non sans audace, nous avons demandé à Marie-Claire Blais que le jury avait choisie pour cette édition, d’écrire un essai sur son expérience des États-Unis. Marie-Pascale Huglo et moi qui avons édité le texte en 2018 pour les Presses de l’Université de Montréal1, avons pu mesurer toute la disponibilité et l’humilité simple de l’écrivaine qui avait pourtant déjà signé une soixantaine de titres.

Parmi ses écrits essayistiques et autobiographiques américains – Des rencontres humaines (2002) et Passages américains (2012) –, À l’intérieur de la menace est sans doute le plus colérique : « N’est-ce pas trop violent ? », nous avait-elle demandé dans un courriel. Optant sans équivoque pour le réquisitoire, l’écrivaine accuse frontalement Trump de racisme, de misogynie, d’homophobie et de cruauté. Elle se désole de la nomination du juge Kavanaugh à la Cour suprême des États-Unis alors même qu’une femme, pour qui elle prend parti sans ambiguïté, l’accuse d’agression sexuelle. Elle exprime son admiration pour Barack Obama et son soutien inconditionnel à celle qu’elle appelle « Madame Clinton ».

L’heure n’est pas à la nuance mais à la lutte contre le mensonge, la montée des discours d’extrême-droite, la banalisation du pire. Presque au jour le jour, de l’intérieur, Marie-Claire Blais note, comme dans un journal ou un carnet, au cours d’une période assez brève, ce qu’elle observe des États-Unis où elle réside. Elle regarde évoluer ce pays qu’elle a choisi, où sa culture politique prend sa source, elle qui y est arrivée en pleine lutte pour les droits civils comme elle le raconte dans Des rencontres humaines, le pays de Barbara Deming et de James Merill, et ce qu’elle voit la révolte. Elle dénonce, accuse, identifie des responsables et donne à voir les catastrophes déjà en cours ou bientôt en vue : violence impunie contre les femmes, traitement inhumain des migrants à la frontière mexicaine, paupérisation, exclusion.

À l’intérieur de la menace, « manuel de courage » écrit aujourd’hui Chantal Guy2, participe pleinement de l’unité de l’œuvre. Le livre paraît en 2019 entre le dixième tome du cycle Soifs, Une réunion près de la mer qui semble le clore en 2018, et Petites Cendres ou la capture qui, en 2020, le poursuit. La menace, les romans de Marie-Claire Blais ne cessent de la figurer, sous de multiples formes ; c’est l’une des caractéristiques de la contemporanéité dont témoigne son œuvre récente et, son inquiétude, son indignation dans À l’intérieur de la menace sont celles que font entendre aussi les voix croisées de ses personnages. Pas plus que les romans, cependant, ce livre qui accompagne le cataclysme politique du trumpisme ne cède au désespoir. Des visions fugaces mais prégnantes, proches de certaines scènes de Soifs – cette femme qui danse et tournoie avec son enfant dans les bras dans un bar où l’écrivaine l’observe ; après un ouragan, ces voisins qui s’affairent à nourrir les chats errants – y figurent les fragiles lueurs de beauté et de bonté qu’il faut, l’œuvre de Marie-Claire Blais le dit de ses tout débuts jusqu’à ses toutes dernières lignes, percevoir et retenir.

 

1. pum.umontreal.ca/catalogue/a-linterieur-de-la-menace.

2. Chantal Guy, « Marie-Claire Blais ou la mort d’une reine », La Presse, 2 décembre 2021 (en ligne : lapresse.ca/arts/chroniques/2021-12-02/marie-claire-blais-ou-la-mort-d-une-reine.php#).

En ligne : compte rendu du volume 44, no 3, « Microrécits médiatiques. Les formes brèves du journal, entre médiations et fiction », dans la revue Studi Francesi (no 158 [vol. LIII, no 2], maggio-agosto 2009)

Le compte rendu signé par Gabriella Bosco dans la revue Studi Francesi (no 158 [vol. LIII, no 2], maggio-agosto 2009, p. 459-460) de notre vol. 44, no 3, 2008, « Microrécits médiatiques. Les formes brèves du journal, entre médiations et fiction », coordonné par Marie-Ève Thérenty (Université de Montpellier III) et Guillaume Pinson (Université Laval), peut désormais être consulté ici.

En ligne : compte rendu du volume 48, no 3, « Lire en contexte : enquête sur les manuscrits de fabliaux », dans la revue Studi Francesi (no 173 [vol. LVIII, no 2], maggio-agosto 2014)

Le compte rendu signé par Maria Colombo Timelli dans la revue Studi Francesi (no 173 [vol. LVIII, no 2], maggio-agosto 2014, p. 335-336) de notre vol. 48, no 3, 2012, « Lire en contexte : enquête sur les manuscrits de fabliaux », coordonné par Olivier Collet (Université de Genève), Francis Gingras (Université de Montréal) et Richard Trachsler (Université de Zurich) peut désormais être consulté ici.

En ligne : compte rendu du volume 51, no 2, « Toucher des yeux. Nouvelles poétiques de l’ekphrasis  », dans la revue Ponti / Ponts (no 16, 2016)

Le compte rendu signé par Andrea Schincariol dans la revue Ponti / Ponts. Langues littératures civilisations des pays francophones (no 16, 2016, p. 223) de notre vol. 51, no 2, 2015, « Toucher des yeux. Nouvelles poétiques de l’ekphrasis », coordonné par Ginette Michaud (Université de Montréal), peut désormais être consulté ici.

En ligne : texte de présentation du volume 57, no 2, « Mémoires, histoires et vérités dans la littérature française contemporaine »

Le texte de présentation de notre prochain numéro, intitulé « Mémoires, histoires et vérités dans la littérature française contemporaine », coordonné par Eric Chevrette et Pascal Riendeau, peut désormais être consulté ici.

 

Ce dossier analyse des pratiques littéraires contemporaines conscientes des ambiguïtés et des contradictions qu’elles soulèvent dans leurs représentations du passé, leur saisissement de la mémoire et leur investissement de différentes formes d’histoire — histoire de l’art, histoire nationale, familiale, fictionnalisée, sublimée ou détournée.
Si la littérature est un assaut contre la frontière (Patrick Boucheron), elle se présente comme un questionnement de son poids éthique et esthétique quant à sa capacité à explorer le réel ou la vérité. Lorsque la littérature cherche à recomposer le réel, elle peut recourir à l’archive et au document pour soutenir ses conjectures. Aussi la vérité est-elle vue avec circonspection par une littérature consciente de ses limites et soucieuse d’en explorer le tracé et la valeur ; l’usage et les définitions mêmes de fiction, récit, roman et romanesque (entre autres) se trouvent alors bousculés par l’ambiguïté véritative d’œuvres qui interrogent leurs dimensions historiques et sociopolitiques tout comme leur inscription dans le monde.
Ce dossier présente ainsi des études portant sur la capacité qu’a la littérature française contemporaine d’interroger les modalités aléthiques des discours sur la mémoire, en redéfinissant un certain nombre de frontières et d’enjeux thématiques et formels liés à la capacité représentationnelle du langage et à la mémoire comme expérience mitoyenne du passé et du présent.

En ligne : compte rendu du volume 52, no 2, « Nouvelles maisons d’édition, nouvelles perspectives en littérature québécoise ? », dans la revue Ponti / Ponts (no 17, 2017)

Le compte rendu signé par Maura Felice dans la revue Ponti / Ponts. Langues littératures civilisations des pays francophones (no 17, 2017, p. 232-233) de notre vol. 52, no 2, 2016, « Nouvelles maisons d’édition, nouvelles perspectives en littérature québécoise ? », coordonné par Andrée Mercier (Université Laval) et Élisabeth Nardout-Lafarge (Université de Montréal), peut désormais être consulté ici.

En ligne : compte rendu du volume 46, no 1, « Responsabilités de la littérature : vers une éthique de l’expérience », dans la revue Les Lettres romanes (vol. 65, nos 1-2, 2011)

Le compte rendu signé par Olivier Odaert dans la revue Les Lettres romanes (vol. 65, nos 1-2, 2011, p. 291-294) de notre vol. 46, no 1, 2010, « Responsabilités de la littérature : vers une éthique de l’expérience », coordonné par Maïté Snauwaert (Université de l’Alberta) et Anne Caumartin (Collège militaire royal de Saint-Jean), peut désormais être consulté ici.

En ligne : texte de présentation du volume 57, no 1, « L’insurrection kabyle de 1871. Représentations, transmissions, enjeux identitaires en Algérie et en France »

Le texte de présentation de notre prochain numéro, intitulé « L’insurrection kabyle de 1871. Représentations, transmissions, enjeux identitaires en Algérie et en France », coordonné par Isabelle Guillaume, peut désormais être consulté ici.

 

Ce dossier est composé d’articles écrits dans la perspective de cerner les interprétations et la mémoire, en Algérie et en France, des événements survenus en 1871.
Pour la France en guerre depuis des mois contre les armées allemandes coalisées autour de la Prusse, l’année 1870 s’achève sur un bilan négatif et, le 28 janvier 1871, le gouvernement républicain est contraint de signer un armistice. Au printemps 1871, il doit faire face à un nouveau conflit sur l’autre rive de la Méditerranée. Appuyant la lutte du bachaga Mohamed El Mokrani qui est entré en guerre contre l’occupant le 16 mars, le cheikh Ameziane El Haddad proclame le djihad pour libérer la Kabylie de l’envahisseur. Des environs d’Alger à la frontière tunisienne, les insurgés détruisent des fermes et des villages. Après la mort d’El Mokrani en mai et la demande de paix d’El Haddad en juillet, la reddition des Zouara en septembre sonne le glas de l’insurrection. Sa répression s’est accompagnée de lourdes condamnations pour les chefs de celle-ci et, dans un contexte où le traité de Francfort a obligé la France à céder l’Alsace et la Moselle à l’Empire allemand, d’une mise sous séquestre de terres qui sont revendues à bas prix.
À partir d’œuvres et de sources diverses, chroniques, romans, représentations théâtrales, essais, recueils poétiques, ce dossier étudie comment cette matière historique constituée d’une série de défaites — de la France face au nouvel Empire allemand, de la politique française en Algérie, de l’insurrection déclenchée par El Mokrani — a nourri les représentations et les imaginaires de part et d’autre de la Méditerranée.

En ligne : compte rendu du volume 51, no 3, « La corde bouffonne. De Banville à Apollinaire », dans la revue Dalhousie French Studies (vol. 112, Summer 2018)

Le compte rendu signé par Peter J. Edwards dans la revue Dalhousie French Studies (vol. 112, Summer 2018, p. 161-163) de notre volume 51, numéro 3, 2015, « La corde bouffonne. De Banville à Apollinaire », coordonné par Arnaud Bernadet (U. McGill) et Bertrand Degott (U. de Franche-Comté), peut désormais être consulté ici.

En ligne : compte rendu du volume 53, no 1, « Présences de Gilles Marcotte », dans la revue Ponti / Ponts (no 18, 2018)

Le compte rendu signé par Amandine Bonesso dans la revue Ponti / Ponts. Langues littératures civilisations des pays francophones (no 18, 2018, p. 234-235) de notre volume 53, numéro 1, 2017, « Présences de Gilles Marcotte », coordonné par Micheline Cambron (Université de Montréal), Pierre Popovic (Université de Montréal) et le comité de rédaction, peut désormais être consulté ici.

En ligne : texte de présentation du volume 56, no 3, « Noms d’auteurs »

Le texte de présentation de notre prochain numéro, intitulé « Noms d’auteurs », coordonné par Yves Baudelle et Mirna Velcic-Canivez, peut désormais être consulté ici.

 

La notion d’auteur est une énigme pour les disciplines littéraires. De nombreuses difficultés méthodologiques et théoriques liées au statut de l’auteur ont en effet pour origine la nature fuyante du nom propre.
Si c’est avant tout par son nom que l’auteur manifeste son identité, le nom d’auteur n’en est pas moins un nom bien particulier. Il cautionne l’écrit auquel il est apposé et s’associe à un ensemble de titres. D’où sa spécificité : contrairement aux anthroponymes usuels, il ne renvoie pas nécessairement à une personne, son référent étant déterminé par l’institution de la signature. Un nom d’auteur est donc un nom propre et, en même temps, un acte de validation. C’est un opérateur de différenciation au sens où il permet de sceller l’unité d’une œuvre et de la distinguer de toutes les autres.
Ce dossier se propose d’approfondir ces particularités du nom d’auteur en examinant ses fonctionnements spécifiques dans les différents genres de discours. Il s’attache notamment au cas de l’anonymat, aux signatures collectives et à l’insertion du nom de l’auteur dans sa fiction.

Hommage à Laurent Mailhot (1931-2021)
directeur de la revue Études françaises (1979-1987)

Benoît Melançon
Département des littératures de langue française
Université de Montréal

Laurent Mailhot était professeur émérite du Département des littératures françaises de l’Université de Montréal, où il a enseigné de 1963 à 1997. Il est mort le 4 janvier 2021 à 89 ans. Je voudrais saluer, en quelques lignes, la mémoire d’un chercheur d’exception, qui était aussi un mentor et un ami.
Nul québéciste ne peut ignorer les travaux de Laurent Mailhot. Il maîtrisait comme personne l’ensemble de la littérature québécoise, ainsi qu’il le démontre continûment dans La littérature québécoise depuis ses origines (1997), version augmentée et revue de fond en comble d’un ouvrage de la collection « Que sais-je ? » (1974). Ce manuel à l’écriture si personnelle a été consulté par des milliers d’étudiants du Québec et d’ailleurs.
Son anthologie La poésie québécoise des origines à nos jours, préparée avec son collègue, ami et ancien étudiant Pierre Nepveu, d’abord parue en 1980, a été rééditée deux fois (1986, 2007). Laurent Mailhot a aussi conçu des anthologies de genres moins légitimés, le monologue, avec Doris-Michel Montpetit (1980), et l’essai (1984 ; réédition revue et augmentée en 2005). Son choix de textes d’Arthur Buies, en 1978, a rendu à cet écrivain, jusque-là considéré comme mineur, la place capitale qui devrait être la sienne dans le corpus des lettres canadiennes du XIXe siècle.
Laurent Mailhot a aussi étudié des textes dramatiques. Le théâtre québécois. Introduction à dix dramaturges contemporains (1970) et Théâtre québécois II. Nouveaux auteurs, autres spectacles (1980), cosignés avec son collègue Jean Cléo Godin, paraissent au moment où ce genre est en pleine ébullition. En historien qu’il était, il s’intéressait aussi à des pratiques plus anciennes, par exemple aux Fridolinades de Gratien Gélinas qu’il a éditées en deux volumes (1980 et 1981).
Quelques-unes de ses études sur le genre romanesque ont été regroupées, en 1992, dans Ouvrir le livre. Au fil des ans, il a écrit sur les œuvres en prose d’Yves Thériault, pour lequel il avait une affection particulière, de Jacques Poulin, de Michel Tremblay, de Jacques Ferron, de Gabrielle Roy, de son ami Gilles Marcotte et de plusieurs autres.
Cette « sorte d’ogre qui se nourrissait de papier », pour reprendre les mots du journaliste Jean-François Nadeau dans Le Devoir du 6 janvier 2021, cet amoureux de la littérature québécoise, était aussi un lecteur fervent de la littérature française. Sa thèse de doctorat, soutenue à Grenoble, a paru en 1973 sous le titre Albert Camus ou l’imagination du désert. Dans le bel autoportrait qu’il a rédigé en 2007 pour le magazine Lettres québécoises, il se demandait à lui-même quels livres il emporterait sur une île déserte et il répondait par trois œuvres : À la recherche du temps perdu de Proust, les fables de La Fontaine et les tragédies de Racine (sur lesquelles il avait fait son mémoire de maîtrise). Ne s’étonneront de ce choix que ceux qui ne connaissaient pas Laurent. (Non sans malice, il aurait conservé trois livres de poésie dans une « île voisine » : Regards et jeux dans l’espace, de Saint-Denys Garneau, Le tombeau des rois, d’Anne Hébert, et L’homme rapaillé, de Gaston Miron.)
S’il aimait bien employer l’expression « homme de cabinet », Laurent Mailhot n’en était pas un, lui qui a participé à plusieurs entreprises collectives. Je n’en retiendrai que deux.
À la fin des années 1970, il a été à l’origine, avec d’autres, du « Corpus d’éditions critiques », ce projet visant à procurer des éditions scientifiquement établies des classiques de la littérature québécoise depuis le Régime français. C’est à ce titre qu’il a piloté, avec Roméo Arbour et Jean-Louis Major, puis Yvan G. Lepage, le vaste chantier des éditions critiques de la « Bibliothèque du Nouveau Monde » (plus de cinquante titres parus aux Presses de l’Université de Montréal).

Laurent Mailhot a aussi été l’homme d’une revue, Études françaises.
Il y a publié 33 articles et comptes rendus (voir la liste ci-dessous), de 1966 (un compte rendu du collectif Le roman canadien-français) à 2014 (« La “rupture tranquille” de la Francophonie littéraire ontarienne »). S’il me fallait ne retenir qu’un seul de ces textes, ce serait, en 1977, « Classiques canadiens, 1760-1960 » : Laurent Mailhot, peut-être sans le savoir, cartographie par avance le territoire littéraire et critique qu’il va arpenter au cours des trois décennies suivantes.
Laurent Mailhot a aussi été le troisième directeur de la revue, de 1979 à 1987. Michel Lacroix, dans son étude « “L’épreuve de la lecture publique.” Études françaises, la disciplinarisation du savoir et l’idéal du critique-écrivain » (2014), décrit en ces termes l’approche de la critique que Laurent Mailhot y a défendue : « Se campant lui-même dans le rôle d’un éditeur-lecteur, qui accueille avec une exigence forte les textes destinés à la revue, Mailhot donne à la relation propre à la lecture une dimension large, irréductible aux seuls aspects cognitifs, intellectuels. Lire, écrire, c’est vivre avec. La littérature, dans sa création comme dans sa lecture, doit être une “expérience”. »
Cela s’incarnera dans des numéros consacrés à des auteurs (de Villon et Ponge à Paul-Marie Lapointe et Jacques Poulin), à des théoriciens (Mikhaïl Bakhtine), à des approches (la sociocritique, la psychanalyse), à des genres (le manifeste), à la matérialité des textes (deux numéros en 1982 : « L’objet-livre », « Le livre-texte »). Les approches interdisciplinaires fleuriront sous sa gouverne : « Musique et textes » (1981), « Anatomie de l’écriture » (1982), « Le texte scientifique » (1983), « Écrire l’image » (1985), « Cartographies » (1985). De 1983 à 1985, j’ai été le secrétaire de la rédaction de la revue : j’en garde le souvenir d’un apprentissage indispensable à ma vie intellectuelle.
Dès lors, on comprendra sans mal le bonheur que Laurent Mailhot a ressenti quand il a reçu le prix de la revue Études françaises pour son recueil Plaisirs de la prose. Il avait souvent été honoré pour son travail de chercheur : bourse Killam du Conseil de recherche en sciences humaines du Canada (1986), prix André-Laurendeau de l’Association francophone pour le savoir (1987), élection à la Société royale du Canada (1987). En 2005, c’est l’essayiste — même s’il se méfiait de cette étiquette appliquée à lui-même — qui était distingué, par une revue qu’il aimait et qu’il n’a jamais cessé de lire.
Je terminerai sur une note personnelle. Laurent Mailhot a été mon professeur à l’Université de Montréal dans un cours de deuxième année sur l’essai littéraire québécois, puis le directeur de mon mémoire de maîtrise et mon patron (comme moniteur, correcteur, documentaliste, secrétaire de rédaction et assistant de recherche). Après mon embauche comme professeur, en 1992, nous avons été collègues quelques années. Nous avons écrit un livre et des articles ensemble, et dirigé un numéro de revue. Mais, au-delà de ces rapports professionnels, je viens de perdre un ami de quarante ans, de sa maison montréalaise de la rue Piedmont à La Minerve, de Deschaillons-sur-Saint-Laurent à Trois-Rivières. Cette perte m’est lourde.

 

Publications de Laurent Mailhot dans Études françaises

1. « Le Roman canadien-français, Archives des Lettres canadiennes. Publication du Centre de recherches de littérature canadienne-française de l’Université d’Ottawa, t. III, Montréal / Paris, Fides, 1965, 460 p. », Études françaises, vol. 2, no 1, février 1966, p. 119-125 (compte rendu).
2. « Une critique qui se fait », Études françaises, vol. 2, no 3, octobre 1966, p. 328-347.
3. « Jacques Brault, Alain Grandbois, Paris, Seghers, “Poètes d’aujourd’hui”, 1968, 192 p. », Études françaises, vol. 4, no 4, novembre 1968, p. 440-442 (compte rendu).
4. « Guy Robert, Une mémoire déjà. Poèmes, 1959-1967, Québec, Éditions Garneau, 1968, 100 p. », Études françaises, vol. 4, no 4, novembre 1968, p. 452-454 (compte rendu).
5. « Robert Vigneault, L’Univers féminin dans l’œuvre de Charles Péguy. Essai sur l’imagination créatrice d’un poète, Bruges / Paris, Desclée de Brouwer, Montréal, Les Éditions Bellarmin, “Essais pour notre temps”, no 6, 1967, 334 p. », Études françaises, vol. 5, no 1, février 1969, p. 93-96 (compte rendu).
6. « Yves Préfontaine, Pays sans parole, Montréal, Éditions de l’Hexagone, 1967, 78 p. », Études françaises, vol. 5, no 1, février 1969, p. 105-106.
7. « Yves Thériault, Le Marcheur, Montréal, Leméac, “Théâtre canadien”, 1968, 112 p. », Études françaises, vol. 5, no 1, février 1969, p. 106-108 (compte rendu).
8. « Paul Wyczynski, Émile Nelligan, Montréal et Paris, Fides, “Écrivains canadiens d’aujourd’hui”, 1968, 192 p. », Études françaises, vol. 5, no 2, mai 1969, p. 223-226 (compte rendu).
9. « Alain Pontaut, La Tutelle, Montréal, Leméac, 1968, 141 p. », Études françaises, vol. 5, no 2, mai 1969, p. 233-236 (compte rendu).
10. « Félix-Antoine Savard, Symphonie du Misereor, Ottawa, Éditions de l’Université d’Ottawa, “Voix vivantes”, 1968, 43 p. », Études françaises, vol. 5, no 2, mai 1969, p. 242-243 (compte rendu).
11. « Yves Thériault, Tayaout, fils d’Agaguk, Montréal, Éditions de l’Homme, 1969, 158 p. », Études françaises, vol. 5, no 4, novembre 1969, p. 494-497 (compte rendu).
12. « Louis Geoffroy, Graffiti, Montréal, L’Obscène Nyctalope, 1968, 42 p. », Études françaises, vol. 5, no 4, novembre 1969, p. 497-498 (compte rendu).
13. « Les Belles-soeurs ou l’enfer des femmes », Études françaises, vol. 6, no 1, février 1970, p. 96-104.
14. « Le théâtre de Réjean Ducharme », Études françaises, vol. 6, no 2, mai 1970, p. 131-157.
15. « La critique », Études françaises, vol. 6, no 2, mai 1970, p. 259-276.
16. « La critique », Études françaises, vol. 7, no 2, mai 1971, p. 191-212.
17. « Le théâtre. Des missionnaires aux sauvages ou du sacré au sacrant », Études françaises, vol. 8, no 4, novembre 1972, p. 408-427.
18. « Le théâtre. Répertoires et laboratoires », Études françaises, vol. 9, no 4, novembre 1973, p. 360-368.
19. « Récit / essai. Le Journal dénoué de Fernand Ouellette », Études françaises, vol. 11, no 2, mai 1975, p. 143-150 (compte rendu).
20. « Classiques canadiens, 1760-1960 », Études françaises, vol. 13, nos 3-4, octobre 1977, p. 263-278.
21. « Quinze ans après », Études françaises, vol. 15, nos 1-2, avril 1979, p. 3-5.
22. « Note éditoriale », Études françaises, vol. 17, nos 3-4, octobre 1981, p. 3-4.
23. « Ouvrir le livre », Études françaises, vol. 18, no 2, automne 1982, p. 5-17.
24. « Bibliothèques imaginaires : le livre dans quelques romans québécois », Études françaises, vol. 18, no 3, hiver 1982, p. 81-92.
25. « Note éditoriale », Études françaises, vol. 20, no 1, printemps 1984, p. 3-4.
26. « Note éditoriale », Études françaises, vol. 20, no 3, hiver 1984, p. 3-4.
27. « Présentation. Le voyage total », Études françaises, vol. 21, no 3, hiver 1985, p. 3-5.
28. « André Belleau », Études françaises, vol. 22, no 3, hiver 1986, p. 3-5.
29. Wladimir Krysinski, Laurent Mailhot et Christie McDonald, « Présentation [« L’enseignement de la littérature dans le monde »] », Études françaises, vol. 23, nos 1-2, automne-hiver 1987, p. 7-9.
30. « De Virgile en Claudel », Études françaises, vol. 31, no 2, automne 1995, p. 45-52.
31. « Des nouvelles d’un “auteur nouveau” : La Vie réelle dans l’œuvre de Gilles Marcotte », Études françaises, vol. 33, no 1, printemps 1997, p. 69-93.
32. « Arcand et Bouchard : deux anthropologues dans les lieux dits communs », Études françaises, vol. 36, no 1, 2000, p. 127-149.
33. « La “rupture tranquille” de la Francophonie littéraire ontarienne », Études françaises, vol. 50, nos 1-2, 2014, p. 133-147.

 

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En ligne : compte rendu du volume 55, no 1, « Entre public et privé. Lettres d’écrivains depuis le XIXe siècle », dans la revue Épistolaire (no 46, 2020)

Le compte rendu signé par Fanny Leveau dans la revue Épistolaire (no 46, 2020, p. 273-275) de notre volume 55, numéro 1, 2019, « Entre public et privé. Lettres d’écrivains depuis le XIXe siècle », coordonné par Margot Irvine (Université de Guelph) et Karin Schwerdtner (Université Western Ontario), peut désormais être consulté ici.

En ligne : compte rendu du volume 53, no 2, « Mettre en livre. Pour une approche de la littérature médiévale », dans la revue Dalhousie French Studies (vol. 116, Summer 2020)

Le compte rendu signé par Daniel Long dans la revue Dalhousie French Studies (vol. 116, Summer 2020, p. 171-172) de notre volume 53, numéro 2, 2017, « Mettre en livre. Pour une approche de la littérature médiévale », coordonné par Anne Salamon (Université Laval), peut désormais être consulté ici.

En ligne : compte rendu du volume 55, no 1, « Entre public et privé. Lettres d’écrivains depuis le XIXe siècle », dans la revue Dalhousie French Studies (vol. 116, Summer 2020)

Le compte rendu signé par Béatrice Vernier dans la revue Dalhousie French Studies (vol. 116, Summer 2020, p. 179-181) de notre volume 55, numéro 1, 2019, « Entre public et privé. Lettres d’écrivains depuis le XIXe siècle », coordonné par Margot Irvine (Université de Guelph) et Karin Schwerdtner (Université Western Ontario), peut désormais être consulté ici.

En ligne : compte rendu du volume 54, no 3, « Frontières du témoignage aux XVIIe et XVIIIe siècles », dans la revue Studi Francesi, no 189 (vol. LXIII, no 3), settembre-dicembre 2019

Le compte rendu signé par Laura Rescia dans la revue Studi Francesi (n° 189 [vol. LXIII, n° 3], settembre-dicembre 2019, p. 571) de notre volume 54, numéro 3, 2018, « Frontières du témoignage aux XVIIe et XVIIIe siècles », coordonné par Frédéric Charbonneau (U. McGill), peut désormais être consulté ici.

En ligne : texte de présentation du volume 56, no 1, « Le monde en ruines : espaces brisés de la littérature contemporaine »

Le texte de présentation de notre prochain numéro, « Le monde en ruines : espaces brisés de la littérature contemporaine », coordonné par Vincent Gélinas-Lemaire, peut désormais être consulté ici.

 

La littérature contemporaine est hantée par la ruine : celle des hauts-fourneaux abandonnés à la rouille par leurs consortiums mondialisés ; celle des villes ravagées par la guerre et les catastrophes naturelles ; celle des mondes inhabitables d’un futur dystopique. Ces ruines ne sont plus héritières de la Rome mélancolique de Du Bellay ou de l’Arcadie pastorale de Poussin et du Lorrain ; elles ont oublié la nature, Dieu et le temps long. Si, donc, les ruines ne s’attachent plus à l’idéal, si elles ne sont plus le site d’une contemplation rêveuse, quel rôle jouent-elles dans les littératures française et québécoise du XXIe siècle ? Sont-elles les marques lisibles d’un mal historique, social, spirituel ? Comment et pourquoi ont-elles ainsi proliféré dans la géographie fictionnelle de notre ère ? Cette livraison propose une variété de réponses à ces questions : ses contributeurs s’interrogent notamment sur leur surgissement dans les textes de Jean Echenoz, Antoine Volodine, Sylvain Tesson, Jean-Paul Kauffmann et Stéphane Vanderhaeghe et dans ceux, en domaine québécois, de Nicolas Dickner. Elle explore également l’absorption, par de nombreux auteurs contemporains, des portraits photographiques de la ville de Détroit, aux États-Unis, dévastée par la désindustrialisation. Saisi dans son ensemble, ce numéro offre une perspective neuve et cohérente sur un motif essentiel de l’écriture au présent.

En ligne : compte rendu du volume 54, no 1, « Écritures de la contestation. La littérature des années 68 », dans la revue Dalhousie French Studies (vol. 113, Winter 2019)

Le compte rendu signé par Vittorio Frigerio dans la revue Dalhousie French Studies (vol. 113, Winter 2019, p.154-155) de notre volume 54, numéro 1, 2018, « Écritures de la contestation. La littérature des années 68 », coordonné par Jean-François Hamel (Université du Québec à Montréal) et par Julien Lefort-Favreau (Université Queen’s), peut désormais être consulté ici.

En ligne : compte rendu du volume 54, no 1, « Écritures de la contestation. La littérature des années 68 », dans la revue French Forum (vol. 43, no 2, Fall 2018)

Le compte rendu signé par Éric Trudel dans la revue French Forum (vol. 43, no 2, Fall 2018, p. 353-356) de notre volume 54, numéro 1, 2018, « Écritures de la contestation. La littérature des années 68 », coordonné par Jean-François Hamel (Université du Québec à Montréal) et par Julien Lefort-Favreau (Université Queen’s), peut désormais être consulté ici.

En ligne : texte de présentation du volume 55, no 3, « L’œuvre de Boubacar Boris Diop »

« Boris Diop, au-delà de la “vanité” d’écrire », le texte de présentation de notre prochain numéro, « L’œuvre de Boubacar Boris Diop », coordonné par Josias Semujanga, peut désormais être consulté ici.

 

Cette livraison d’Études françaises rend hommage à l’écrivain sénégalais Boubacar Boris Diop, qui a reçu en 2000 le Grand prix littéraire d’Afrique noire, et trace de nouvelles voies critiques pour son œuvre dont le premier roman, Le temps de Tamango, a paru en 1981. Les études réunies dans ce dossier analysent l’œuvre de Boubacar Boris Diop à partir de deux perspectives. Certains articles privilégient les rapports entre les romans et l’histoire de l’Afrique contemporaine – la colonisation, les indépendances, la période d’après la Guerre froide –, tandis que d’autres insistent davantage sur les formes artistiques et littéraires des récits. Ainsi des fonctions de la métalepse dans la plupart des romans de Diop dont plusieurs narrateurs, tout en racontant des anecdotes sur le monde, évoquent l’activité de l’écrivain en train d’écrire. Un tel choix renvoie-t-il à l’anxiété de l’auteur quant au statut de l’écrivain africain dans sa société de référence, en proie aux doutes existentiels depuis le désenchantement des indépendances ? Est-ce pour cela que Boubacar Boris Diop décide, au tournant de l’an 2000, d’écrire aussi bien en français qu’en wolof, sa langue maternelle, pour élargir son lectorat ? À ces questions tentent de répondre les collaborateurs de ce numéro qui constitue un apport majeur non seulement à la compréhension de l’œuvre de Diop, mais également aux nouvelles pistes de la critique : celle de la poétique de l’auto-traduction et celle de l’œuvre bilingue dans les littératures francophones, et tout particulièrement celle d’Afrique.

En ligne : texte de présentation du volume 55, no 2, « Écrire après le cinéma »

Le texte de présentation du prochain numéro d’Études françaises, « Écrire après le cinéma », sous la direction de Jan Baetens et Nadja Cohen, peut désormais être consulté ici.

 

Abordant les effets du cinéma sur la littérature et les nouvelles manières de penser et d’écrire à l’ère de la culture cinématographique, ce dossier rassemble des contributions permettant d’analyser les réponses de l’écrit à l’écran, du début du xxe siècle à nos jours. Un premier ensemble d’articles analyse le rôle attribué au cinéma dans certaines évolutions du système des genres en littérature : si la référence filmique sert parfois au discrédit des genres existants, comme chez Henri Michaux par exemple, il en va toutefois plus souvent d’une reconfiguration que d’une destruction des genres littéraires dans de nombreux autres cas, étudiés par plusieurs contributeurs dans des romans français contemporains comme ceux de Pierric Bailly ou de Céline Coulon. Un deuxième ensemble d’articles se demande ensuite quels liens ces changements entretiennent avec d’autres formes d’interactions entre littérature et cinéma, comme les adaptations littéraires, l’imitation verbale de techniques cinématographiques, ou le recours à un imaginaire ou des thèmes typiques du monde du cinéma comme chez Jean-Philippe Toussaint ou Christine Montalbetti. Enfin, trois études, interrogeant de manières différentes le lien de l’écrit à l’écran, émettent l’hypothèse que le cinéma pourrait aussi inviter à la création de nouveaux genres littéraires comme le ciné-roman-photo, les journaux de tournage ou les romans de la projection.

Marie-Claire Blais dans Le Devoir : « Le devoir de mémoire de Marie-Claire Blais » par Manon Dumais

Marie-Claire Blais, Trump et l’indignation. L’auteure d’À l’intérieur de la menace (Presses de l’Université de Montréal, 2019), lauréate du prix de la revue Études françaises 2019, s’entretient avec Manon Dumais au sujet de l’intolérance, de l’ignorance et de la situation politique actuelle aux États-Unis.

« Tandis qu’elle évoque le souvenir de la Grande Noirceur, Marie-Claire Blais trace un parallèle entre Mussolini et Trump : “Le premier signe d’une dictature, c’est de tenir le peuple dans l’ignorance, d’opprimer les pauvres qui veulent apprendre, en commençant toujours par faire taire la presse. C’est incroyable, cette répétition. Heureusement, dans nos pays, ici et aux États-Unis, on ne peut pas faire ça. La pensée critique existera toujours, et ça, c’est quand même réconfortant.” »

À lire dans Le Devoir, 10 avril 2019. Le devoir de mémoire de Marie-Claire Blais, par Manon Dumais.