L’atelier d’Annie Ernaux. De la recherche à la création

Volume 61

Numéro 2

2025

192 pages

[En ligne]
Commander

Résumé

Ce numéro adopte une option critique innovante pour aborder une voix majeure de la littérature contemporaine : il s’agit d’entrer symboliquement dans l’atelier de création d’Annie Ernaux en considérant ses gestes d’écrivaine au travail, telles que les révèlent l’œuvre, son élaboration et ses entours, saisis dans le riche tissu réflexif qui les constitue en « art poïétique ».

Les contributions permettent ainsi d’explorer les indices du savoir-faire de l’écrivaine, à partir des avant-textes, des journaux de création, des entretiens et de l’ensemble du corps de l’œuvre qui se déploie en une vie d’écriture. La fabrique de l’œuvre sans cesse réfléchie au miroir d’une interrogation fondamentale sur l’écriture dévoile de fait des qualités génératives de premier plan pour la recherche-création littéraire, comme en témoigne la place d’Annie Ernaux dans plusieurs thèses et mémoires.

Numéro préparé par Pierre-Louis Fort, Élise Hugueny-Léger et AMarie Petitjean

Table des matières

L’art des brèches. Pratique des citations dans la Première Modernité (XVIe-XVIIIe siècles)

Volume 61

Numéro 1

2025

192 pages

[En ligne]
Commander

Résumé

La citation n’est pas sans histoire. On sait, depuis les travaux fondateurs d’Antoine Compagnon, de Bernard Beugnot, de Marc Fumaroli et d’Ann Moss, que cette histoire, pour s’en tenir à la Première Modernité, coïncide à gros traits avec le passage d’une rhétorique de la citation explicite, tenue pour garante du vrai, à une rhétorique de la citation allusive, égrenée pour le plaisir du jeu et de la variété. Tels sont, de la distinction à l’allusion, des contours dont le XVIIe siècle avait parfaitement conscience.

Derrière ces tendances, toutefois, se cache l’infinie possibilité des « arabesques » de l’écriture et des « polyphonies du texte », comme le formulait Bernard Beugnot (La mémoire du texte, 1994) appelant, au demeurant, à une étude des pratiques citationnelles spécifiques. C’est à cette ambition que ce dossier est consacré. Attentifs aux tensions qu’engage l’écriture placée sous le sceau de l’hétérogène — entre thésaurisation et création, acculturation et altérité, singularisation et universalisation —, les articles réunis ici explorent ce que fait la citation, que Jean-Pierre Camus associe magnifiquement à une « brèche », au sein des discours qui l’accueillent. Du XVIe au XVIIIe siècle, des traités rhétoriques modélisant un bon usage de la citation aux jeux romanesques de Diderot, l’on verra, au fil du parcours, que l’histoire de la littérature est aussi une histoire de l’application, renouvelant sans cesse sa propre mémoire à coup de virtuoses larcins.

Numéro préparé par Pierre Lyraud

Table des matières

Prier avec style. Esthétique et poétique de la prière de langue d'oïl

Volume 60

Numéro 3

2024

240 pages

[En ligne]
Commander

Résumé

Plus de quarante ans après un ouvrage paru dans la collection « Senefiance » consacré à La prière au Moyen Âge (1981), qui invitait des médiévistes importants de cette période à interroger la poétique de la prière, il ne se trouve aucune publication collective récente qui se soit donné l’objectif d’examiner l’oraison de langue d’oïl à partir d’un point de vue spécifiquement littéraire. Alors que les travaux d’histoire des idées et des croyances étudient régulièrement ces textes sous l’angle de leurs contenus spirituels et religieux, voire de leurs fonctions anthropologiques ou de leurs sources, ces œuvres qui font pourtant partie intégrante du dynamisme de l’art littéraire médiéval restent encore souvent en marge de l’histoire des lettres — comme si leur dimension esthétique et formelle s’effaçait, aux yeux de la critique, devant le poids de leurs ambitions et de leurs destinations religieuses.

Réunissant des médiévistes s’étant illustrés dans l’analyse de ce corpus, ce dossier repense la poétique et l’esthétique de la prière telle qu’elle s’exprime dans les principaux genres littéraires du Moyen Âge français (récit, poésie, chanson, théâtre). Il attire l’attention sur les prières originales de langue d’oïl, celles qui se posent à distance des cadres de la liturgie officielle et des modèles latins consacrés afin de proposer une expérience artistique et spirituelle nouvelle, qui soit propre à la jeune littérature française.

Numéro préparé par Ariane Bottex-Ferragne

Table des matières