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Écritures de la contestation. La littérature des années 68

Volume 54

Numéro 1

2018

183 pages

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Résumé

Depuis un demi-siècle, on prétend que les semaines insurrectionnelles de mai et juin 1968 n’ont eu aucune incidence sur la littérature, si ce n’est de quelques œuvres mineures aussitôt reléguées à l’oubli. D’où le paradoxe d’une explosion révolutionnaire sans égale dans le XXe siècle français, qui a suscité et suscite encore un foisonnement d’interprétations, de commentaires, de témoignages, mais dont le souffle contestataire aurait à peine été ressenti dans le monde littéraire. Pourtant, à condition de porter l’enquête au-delà de la thématique des œuvres et de l’ouvrir aux apports des sociologues et des historiens, qui ont profondément renouvelé depuis dix ans notre compréhension de la crise de mai et juin, force est de constater que des écrivains, des critiques et des théoriciens ont bel et bien œuvré à transposer en littérature le renouvellement des pratiques et des discours de la contestation. À l’occasion du cinquantième anniversaire des « événements », ce dossier démontre que le cycle de mobilisation qui culmine dans la crise de Mai, en remettant en cause la division du travail entre écrivain et lecteur, en critiquant les institutions qui assurent la production et la médiation des textes, en traquant les effets idéologiques engendrés par le culte des œuvres et des écrivains, a bouleversé l’idée même de littérature et les modalités de son action dans l’espace public. À ce titre, les « années 68 » marquent sans doute une inflexion majeure dans l’histoire des politiques de l’écriture.

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