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L’échelle des valeurs au XVIIe siècle : le commensurable et l’incommensurable

Volume 45

Numéro 2

2009

150 pages

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Résumé

Quand Boileau oppose le gain et la gloire dans des vers célèbres de l’Art poétique, il fait plus que claironner son intention de souscrire ouvertement à la nouvelle politique littéraire et artistique du Roi-Soleil. En même temps, et sans doute plus profondément, il met en relief une angoisse qui traverse tout le XVIIe siècle : comment intégrer dans les circuits d’échange des objets, comme l’« art divin » de la poésie, qui par nature se présentent comme foncièrement incommensurables? À travers des analyses portant sur la pastorale (Thomas Pavel), le don (Hélène Merlin), l’échange et le titre dans Le roman bourgeois (Craig Moyes), la figure de l’auteur chez Pascal (Éric Méchoulan), le vraisemblable dans la correspondance entre Chapelain et Huygens (Frédérique Aït-Touati) et la félonie chez le duc de Saint-Simon (Frédéric Charbonneau), des questions étroitement liées à la commensurabilité font percevoir, au-delà de l’intérêt particulier de tel ou tel cas, une parenté profonde qui nous renseigne moins sur les axiologies qui avaient cours au XVIIe siècle que sur les techniques et les stratégies littéraires employées par divers écrivains pour assurer, modifier, miner ou simplement interroger les valeurs qui en étaient issues.

Numéro préparé par Craig Moyes

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